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Association Montessori Luxembourg
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Jan 28, 2021

Se construire dans le mouvement selon la pédagogie Montessori

Se construire dans le mouvement selon la pédagogie Montessori

Dans un premier temps, je vous dirai qu’est-ce que le mouvement et quelles sont ses caractéristiques selon Maria Montessori ? Dans un second temps, je vous parlerai des différentes périodes sensibles et plus précisément celle du mouvement. Je vous donnerai mon avis sur cette pédagogie et ma manière de l’exercer dans ma vie professionnelle et personnelle.

J’ai choisi d’aborder ce thème car il m’est venu naturellement à l’esprit, ayant un petit garçon de vingt mois maintenant. Je ne cesse d’observer et de découvrir ses phases de développement moteur et relationnel. Au quotidien, j’essaie de contribuer à son apprentissage, que ce soit la découverte de son corps ou du monde pour qu’il se sente à l’aise et bien avec lui-même. Mes onze années d’expérience en crèche m’aident énormément. Afin de développer ce sujet, je m’appuierai sur mes expériences personnelles ainsi que l’ensemble de mes formations et de mes connaissances pédagogiques acquises durant mes six ans au sein des crèches Montessori « l’Enfant Roi ».

Définition du mouvement :

Le mouvement est défini comme étant le déplacement d’un corps par rapport à un point fixe de l’espace à un moment déterminé.

Selon Maria Montessori, « l’enfant se développe en mouvement ». Il peut se déplacer à sa guise dans l’ambiance à partir du moment où il respecte les règles. Le mouvement est un des principes fondamentaux de la pédagogie Montessori. Maria Montessori dit même qu’il fait parti d’une période sensible.

Qu’est-ce qu’une période sensible ?

Pour Maria Montessori, il s’agissait « d’un seul caractère bien déterminé ». Une fois cette période développée, la sensibilité cesse pour être vite remplacée par une autre source d’intérêts. L’environnement préparé dans la pédagogie Montessori répond aux besoins profonds de l’enfant. Maria Montessori avait établi différentes périodes sensibles qui sont :

– L’ordre : de la naissance à six ans. L’enfant ordonne et attribue des fonctions et emplacements aux objets. Lui permet d’appréhender son environnement, donne un sens à ce qu’il l’entoure.

– Coordination des mouvements : entre un an et demi et quatre an. L’enfant développe sa motricité, commence à contrôler ses mouvements .L’esprit et le corps travaillent ensemble.

– Raffinement des sens : entre un an et demi et cinq ans. Il touche à tout afin de mieux comprendre le monde qui l’entoure.

– Langage : entre deux ans et six ans. Assimile sans qu’elle lui soit enseignée les différentes langues parlées autour de lui.

– Comportement social : intègre les règles et explore son propre rôle.

– Petits objets : au cours de la deuxième année. Il se focalise sur les détails.

Parmi ces périodes, celle qui nous intéresse est la coordination des mouvements entre dix-huit mois et quatre ans. C’est une période intéressante car ce mouvement est trop souvent contrôlé voire interdit dans certaines classes dites classiques de l’éducation nationale. L’enfant doit rester la plupart du temps à sa table et ce dès la maternelle.

Pourtant, le mouvement est un besoin chez l’enfant et c’est pour cela que dans une classe Montessori, on le favorise au maximum. Le mouvement contribue à la construction progressive de l’identité et de l’intelligence de l’enfant. Il présente un trait d’union entre l’esprit et le monde. Il apporte aussi une confiance en soi dès le plus jeune âge. Un enfant qui aura pu bénéficier d’une motricité libre sans aide inutile apportée par l’adulte prendra conscience de ses capacités et prendra plaisir à faire seul.

Se mouvoir, se déplacer en toute liberté

Le développement psychomoteur répond à un besoin fondamental, celui d’être actif en utilisant son corps et sa tête. Le mouvement est important déjà à l’intérieur du ventre de la maman. Je me souviens de la première fois où j’ai ressenti mon fils bouger. Certaines personnes parlent de sensations qui ressemblent à des papillons ou à des bulles qui éclatent. Pour moi, c’était la prise de conscience que quelqu’un vivait et grandissait en moi.

Lorsque j’étais enceinte de quatre mois, j’ai ressenti ce « premier coup » et j’ai pleuré, les larmes de joie d’une future maman. Depuis ce jour, j’aimais beaucoup caresser mon ventre ou même le faire bouger pour avoir encore et toujours cette sensation magique que quelqu’un habitait en moi. Le mouvement est très important pour le fœtus car il se développe en partie grâce à celui-ci. Mais également pour moi car dès que je ne sentais pas mon fils bouger pendant quelques heures, j’avais ce besoin de donner des petits coups sur mon ventre pour faire réagir mon fils. Pour moi, le sentir bouger, c’était le signe qu’il était en bonne santé. Pour Maria Montessori, c’est la période sensible du mouvement qui commence dans l’utérus et se développe jusqu’à environ trois ans.

Le mouvement de 0 à 3 ans

À la naissance, l’enfant a des réflexes dit « archaïques ». Ce sont des mouvements automatiques involontaires en réponse à certains stimuli sans modulation et ayant un bas niveau de différenciation (comme par exemple « la marche automatique »). Lors de la visite médicale du premier mois de mon fils, le médecin vérifie comme toujours son poids, sa taille et ses réflexes. Il le met debout sur le plan de travail et il se met à faire deux pas. Ce type de réflexe finit par disparaitre et laisser place aux réflexes volontaires. Dans cette tranche d’âge, on observe les différentes acquisitions des enfants au niveau psychomoteur et surtout qu’ils évoluent chacun à leur rythme.

On dit souvent que l’enfant commence à marcher vers l’âge de un an mais ce n’est pas forcément le cas pour tous. Par exemple, mon fils a fait ses premiers pas à dix mois et demi mais il a commencé à faires ses dents très tard.

Le mouvement est favorisé dès le Nido, dans une ambiance Montessorienne, mais également à travers les stimulations des éducatrices. Naturellement, le bébé va développer sa préhension. Le mouvement par la main est très important. C’est à travers cela, entre autres, que l’enfant apprend et permet l’acquisition de la confiance en soi. Pour que mon fils puisse se mouvoir et apprendre à son rythme, je l’ai laissé libre sur un tapis au sol avec à disposition des balles sensorielles et des hochets pour développer sa préhension et son envie de se déplacer.

Généralement, la psychomotricité globale est acquise et les enfants sont attirés par les activités de psychomotricité fine. Prenons l’exemple d’une petite fille qui prend le plateau « visser-dévisser les boulons ». Cela va lui permettre de travailler sa coordination des mouvements au niveau des doigts, afin de préparer sa main à l’écriture. Le mouvement est également  travaillé lorsqu’un enfant fait de la peinture debout. Il est libre de ses gestes qu’il choisira, amples ou non.

Joël Monzée, docteur en neurosciences, dit qu’il est nécessaire de laisser à l’enfant le temps de se développer à son rythme en partant du principe suivant : d’abord la motricité globale et ensuite la motricité fine. Il vaut mieux les laisser dessiner debout que par terre où leurs épaules et leurs poignets seront bloqués. La maturation du contrôle bras-main est alors ralentie, ce qui implique un faible développement des capacités manuelles finies. Dès que des nouveaux enfants arrivent, j’essaye également de les aider à ordonner leurs mouvements en leur montrant les différents exercices préliminaires. C’est donc à nous, éducatrices, d’adapter nos propositions d’activités en fonction de chaque enfant sans perdre de vue que notre rôle est de les « aider à faire seul ».

En effet, Maria Montessori disait que « toute aide inutile est une entrave au développement ». Si vous venez aider un enfant qui essaie de porter quelque chose de lourd ou qui insiste pour mettre ses chaussures sans vous appeler, ni ne vous demander de l’aide, alors en lui apportant celle-ci vous, lui renvoyer un message indirectement : « tu n’es pas capable ». Ainsi, nous entravons une période sensible dans son développement qui est le mouvement et l’effort maximum.

Mouvement et enfant : pourquoi le jeune enfant bouge tout le temps?

Maria Montessori dit : « l’enfant de trois ans bouge tout le temps, tombe en courant, touche à tout. L’enfant de trois ans marche et n’éprouve plus le besoin de se trainer par terre ni de s’accrocher à tous les objets qu’il rencontre. Mais pourquoi bouge-t-il tant ? Que construit-il par ce mouvement continuel ? ».

Il recherche l’équilibre. Les jambes de l’enfant en bas âge occupent une proportion plus petite que celle du corps de l’adulte. Il a donc besoin de faire de grands efforts afin de trouver l’équilibre.

Le mouvement développe également la volonté. La coordination de ceux-ci s’obtient donc après de fortes répétitions volontaires. Par exemple, une petite fille qui fait la tour rose. Elle recommence encore et encore jusqu’à ce que celle-ci soit parfaite. Un mouvement raffiné est le fruit de l’opposition de deux masses musculaires allant en sens inverse tandis que la justesse de celui-ci résulte d’un phénomène dont l’homme entrainé n’est plus conscient. Cette compétence demande donc de grands entrainements ainsi qu’une grande volonté.

« C’est par le mouvement que la volonté se répand dans chaque fibre et se réalise » Maria Montessori

Grâce à l’intelligence, nous pouvons effectuer des mouvements. Le mouvement est par conséquent l’expression de la vie psychique. Ils sont donc liés dans un cycle infini.

Le mouvement développe la sociabilité. Les enfants de la MDE communiquent beaucoup par le mouvement et la parole. Grâce à celui-ci, on peut communiquer, se mouvoir, travailler.

Le développement de la main permet la civilisation. Le jeune enfant ne touche pas à tout par hasard. La liberté de la main et l’une des caractéristiques de l’homme. Elle permet le travail, l’art. L’enfant touche à tout pour exercer sa main. Il construit son bien-être. Nous avons tendance à lui interdire de toucher à nos objets alors que cela lui permet de se construire, se développer, devenir un adulte.

Conclusion

Pour conclure, je peux donc vous dire que je suis heureuse d’avoir la chance de travailler en crèche Montessori. De pouvoir appliquer cette pédagogie afin de respecter les besoins de liberté de mouvement de l’enfant. Chaque jour, j’apprends des enfants en les observant, en essayant d’être là si l’enfant a besoin de moi. L’enfant est libre chaque jour de choisir son activité le temps qu’il va y consacrer mais également, il est libre de se déplacer tout en respectant le travail de ses camarades et l’ambiance dans laquelle il se trouve.

Grâce à mes différentes formations et à mon expérience de jeune maman, j’ai pu également respecter le besoin de se mouvoir de mon fils. Aujourd’hui, il dort dans un lit cabane afin de lui permettre de se lever et se coucher seul. J’espère pouvoir continuer longtemps à appliquer cette pédagogie qui me plait tant que ce soit dans ma vie professionnelle que personnelle.

Bibliographie :

Maria Montessori « Education pour un nouveau monde »

Maria Montessori « l’Enfant »

Maria Montessori « L’esprit absorbant »

Lucie Meunier « Bouger en crèche »

Natacha Heusburg
Éducatrice

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