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Oct 7, 2021

Pourquoi associe-t-on l’éducation Montessori au laxisme ?

Pourquoi associe-t-on l’éducation Montessori au laxisme ?

Introduction

Ça devait faire 6 mois que je travaillais à la crèche et lors d’une conversation, j’explique à mon amie ce que la pédagogie met en place pour les enfants dont je m’occupe tous les jours.

Depuis que je travaille au sein d’une crèche « Montessori », je recueille de nombreuses remarques, positives et négatives. J’ai eu l’occasion de remarquer que, sans vraiment le connaitre, beaucoup de gens ont une idée préconçue de la philosophie développée par Madame MONTESSORI.

En faisant quelques recherches sur internet, j’ai pu prendre connaissance de plusieurs témoignages en ce sens.

Le témoignage en question fait état d’une situation au cours de laquelle un enfant âgé d’un an et demi qui fréquente une crèche Montessori fait plusieurs « colères » au cours d’une soirée (se jette à terre, coupe la parole aux adultes). Les adultes sont restés sans réaction face à, je cite : « le manque de savoir-vivre ». Ils n’ont rien dit à l’enfant et n’étaient visiblement pas dérangés par ce qui venait de se passer…

Selon elle, les enfants qui fréquentent une crèche MONTESSORI deviennent forcément des « enfants-rois », recevant une éducation totalement permissive et laxiste. 

Avec l’éducation Montessori, les enfants deviennent-ils des enfants roi ?

La réponse à cette question est très claire pour moi : NON, Montessori n’a rien d’une éducation laxiste. J’ai même envie de dire que c’est tout le contraire !  Mais je comprends tout à fait que l’on puisse avoir quelques doutes sur la notion de liberté dans l’éducation Montessori. Si cette méthode prône une approche différente des autres modèles éducationnels, favorisant le développement de l’enfant par l’apprentissage libre, elle ne peut à mon sens être taxée de laxiste.

Voilà pourquoi j’ai eu envie de dédier mon article sur la différence essentielle entre liberté et laxisme dans la méthode Montessori.

« Libérez le potentiel de l’enfant et vous transformerez le monde avec lui. » – M. Montessori »

Il y a encore moins d’un siècle, l’éducation rimait quasiment uniquement avec autoritarisme. À l’époque, les enfants n’avaient que le choix de suivre les ordres donnés par les adultes sans dire un mot. La seule chose qui comptait, c’était de se faire obéir !

Tous les moyens utiles étaient alors utilisés en ce sens, estimant que l’enfant était trop petit pour savoir ce qui était bon pour lui et qu’il convenait de le façonner pour en faire un adulte responsable.

Mais les mentalités évoluant au fil du temps. On parle actuellement davantage de bienveillance dans les modes éducationnels contemporains.  Néanmoins, l’autorité – au sens strict – constitue toujours une base fondamentale du modèle d’éducation le plus courant.

Malheureusement, on fait encore souvent un amalgame entre autoritarisme et autorité parental, ce qui engendre une forme de « peur de lâcher les rênes ». Les croyances communes laissent penser que si les enfants écoutent leurs envies et leurs besoins, les parents perdront tout contrôle et ne pourront se faire respecter.

Pareilles croyances effraient les parents (ou futurs parents), lesquels craignent une forme de spirale négative sans fin : crises, colères, échec scolaire, impossibilité de se conformer aux règles, vie de marginal… Or, le savoir-vivre ensemble, le respect des règles et la reconnaissance par le regard des autres constituent une forme d’idéal sociétal aux yeux de la majorité des gens.

Le développement personnel et le respect des autres sont-ils pour autant inconciliables ? Devient-on forcément un délinquant ou un égoïste social si l’on écoute ses propres besoins ? Vouloir favoriser l’accomplissement d’un enfant est-il synonyme d’absence totale de règles ?

Si la question est volontairement rhétorique, je tiens à y répondre par la négative.

Afin d’étayer mon postulat, il me semble absolument nécessaire de différencier, étymologiquement, « autorité » et « autoritarisme ».

L’autoritarisme:

« Etymologie : du latin auctoritas, capacité de faire grandir, autorité, avec le suffixe -isme, servant à former des mots correspondant à une attitude, un comportement, une doctrine, un dogme, une idéologie ou une théorie. L’autoritarisme désigne la tendance d’une personne à abuser de son autorité, à l’exercer avec rigueur, à chercher à l’imposer. Synonyme de tyrannie ».

On essaie de se faire obéir à tout prix et on utilise tous les moyens pour y parvenir : crier sur l’enfant, utiliser des punitions et des menaces… (IMPOSE)

À contrario, l’autorité :

« Etymologie : du latin auctoritas, capacité de faire grandir, autorité. L’autorité est le pouvoir de commander, d’obliger à quelque chose, d’être obéi. Elle implique une notion de légitimité. L’autorité peut avoir plusieurs origines :

– le droit, le règlement, la loi. Ex : l’autorité judiciaire.

– la structure à laquelle on appartient, comme la famille, l’entreprise. Ex : l’autorité parentale

– l’autorité informelle par la reconnaissance des aptitudes, des compétences. Ex : le leadership, le charisme ».

Elle ne suppose que confiance et respect et repose sur la confiance. Les adultes prennent la responsabilité de guider l’enfant avec respect. (PROPOSE)

C’est, à mon sens, tout l’intérêt de la philosophie MONTESSORI : favoriser le développement de l’enfant en l’invitant à découvrir (et se découvrir) et réfléchir par lui-même – ce qui lui permettra de construire la confiance en ses capacités, et prolonger cet acquis dans sa vie d’adulte – tout en lui expliquant les règles, la structure à respecter, lesquelles servent également ses intérêts.

En l’état actuel des choses, peu de gens comprennent (ou veulent comprendre) que le modèle MONTESSORI est « multi-facette », préférant vulgariser le concept sans y accorder davantage d’intérêt.

Pourquoi autant d’appréhension ?

À mon sens, l’éducation que nous avons reçu est encore fortement ancrée en nous, de telle sorte que nous ne faisons pas encore assez confiance à la nature de l’enfant.

En dépit de l’évolution des mentalités, notre société voit toujours l’enfant comme un petit être capricieux, incapable de se construire lui-même, même partiellement.

L’inconscient commun attend donc des parents qu’il façonne les enfants, leurs inculquent les valeurs fondamentales afin que ces derniers entrent dans la « norme ».

Mais de quelle norme parle-t-on ? Quelles sont les valeurs communes ? Le conformisme attendu est-il sans limite ? Les besoins fondamentaux de la société empêchent-ils de tenir compte de la personnalité, de l’originalité de chaque enfant ?

Madame Maria Montessori voit l’enfant avec un regard différent !

Docteur en médecine, psychiatre, anthropologue, militante socialiste et féministe au début du XIXe siècle, Maria Montessori a développé une méthode particulière, permettant d’observer et d’appréhender l’enfant différemment. Elle a élaboré sa propre pédagogie, véritable science de l’éducation.

Cette pédagogie a évolué tout au long de la carrière de la vie de Madame MONTESSORI, nourrie par de multiples formations, voyages et rencontres, preuve s’il en est qu’elle a été construite par l’observation de l’enfant et non sur des croyances personnelles.

La pédagogie Montessori est fondée sur la confiance à l’enfant, non pas une confiance aveugle et béate, mais bien la confiance en ses facultés de compréhension, de réflexion, d’apprentissage et d’adaptation.

Sa vision de l’enfant est sensiblement différente de nos standards sociétaux : l’enfant est remis au centre de la réflexion, en tant qu’êtres humains à part entière et non simplement en devenir !

En tant que jeune maman, je suis consciente que mon enfant fera parfois des bêtises et des erreurs et pourra même se rebeller. Si cela arrive, dois-je avoir recours à la punition ou la menace ? Je pense que ce n’est pas une solution car dans un premier temps, j’aurais réussi à me faire obéir sur le court terme, mais c’est plutôt la peur qui va pousser notre enfant nous obéir.

L’absence de sanction est utile au bon développement de l’enfant. Il suffit de donner des règles dans un cadre, parler de conséquences si celles-ci ne sont pas respectées. On tentera alors de verbaliser un maximum avec l’enfant et chercher avec lui comment réparer en fonction de ses capacités. On parle alors d’un accompagnement continu sans l’isoler.

Mais si on considère notre enfant comme étant fondamentalement bon, capable et responsable dès le plus jeune âge, tout change ! Si on concentre notre énergie sur ce qu’on peut faire pour le guider, au lieu de se faire obéir, notre relation avec l’enfant sera transformée ! Selon Maria Montessori, chaque enfant sait intuitivement ce dont il a besoin pour son développement et « la crèche doit devenir le lieu où l’enfant peut vivre dans la liberté. »

« L’enfant est potentiellement bon et il suffit de le respecter pour qu’il le reste. » M. Montessori.

La notion de liberté pour Montessori

Garantir des libertés à son enfant ne peut, à mon sens, être considéré comme du laxisme ou une tendance à baisser les bras…

Au contraire, ne pas interférer dans les choix de son enfant peut faire peur à certains égards et nécessite patience et persévérance.

En effet, il s’avère plus aisé de faire les choses à la place de l’enfant, voire de crier ou le punir à chaque faux-pas, plutôt que de l’inviter à essayer – échouer – réessayer – à nouveau échouer – essayer encore, jusqu’à lui permettre d’intégrer un nouvel acquis.

Ce procédé relève donc davantage de la patience et de la bienveillance que du laxisme !

La notion de liberté était très importante aux yeux de Maria Montessori et elle a pu constater que les enfants apprennent de façon plus harmonieuse lorsqu’on leur offre une certaine liberté (d’agir, de réfléchir, de comprendre, d’essayer, d’échouer).

Le rôle du parent / de l’éducateur (adultes) ne se situe donc pas dans l’absence de comportement mais bien dans l’accompagnement indirect de l’enfant.

En définitive, l’enfant devient l’acteur de son propre développement, accompagné par l’adulte qui lui offre les outils utiles à ce développement.

Dans son livre « L’Enfant », Maria Montessori consacre un chapitre à la préparation spirituelle du maître. 

Dès la première phrase, elle insiste sur le fait que cette préparation induit un certain état esprit et pas seulement des connaissances et des savoirs : « c’est dans ce sens que nous dirons que le maitre doit être “initié”. Il se préoccupe beaucoup trop des “tendances méchantes” de l’enfant, de “la façon de corriger les actes indésirables” , de “l’héritage du péché originel”. Il devrait, au contraire, commencer par rechercher ses propres défauts, ses propres tendances du mal. “Enlève d’abord la poutre que tu as dans l’œil, et tu sauras ensuite enlever la paille qui est dans l’œil de l’enfant” ».

Cela nous explique ensuite qu’au fil du temps, nous nous emplissons de colère et d’orgueil pour ne pas nous sentir humiliés en cédant aux jugements d’autrui lorsque nous commettons des erreurs. « Quand chacun de nous est attaqué dans ses propres défauts, nous voyons combien le mal est habile à s’insinuer pour se cacher à nous-mêmes. Ce n’est plus notre vie que nous défendons mais nos torts, prompts à mettre le masque que nous avons appelé “nécessité”, “devoir”, “bien commun”, etc… Et, peu à peu, nous nous convainquons de la vérité de ce que notre conscience savait auparavant faux, et dont il est chaque jour plus difficile de se défaire ».

Or, cette notion de discipline est intimement liée à celle de liberté.

Dans un environnement Montessori, les enfants bénéficient de diverses libertés : choix de l’activité avec laquelle ils veulent travailler, choix du lieu où ils souhaitent travailler (pas de places définies, à une table ou au sol), choix des tiers (un ou plusieurs camarades, seul)…

« Ce travail a l’immense avantage de supprimer la perte d’énergie provoquée par les émotions inévitables quand l’enfant est en rapport direct avec le maître ; quand le maître explique et force l’attention et intimide par la menace ou par la punition ; ou bien quand il exalte le sentiment de compétition entre camarades, excitant la rivalité ou l’avidité aux louanges et aux prix. Le sentiment d’admiration ou l’attachement au maître, aussi bien que la répugnance, la colère et jusqu’à la haine qu’il peut inspirer, sont des causes de perte d’énergie spirituelle ».

Maria Montessori a eu le talent de constater que le travail individuel, ainsi que le matériel adapté à la manipulation, favorisent l’apprentissage de l’enfant, par l’enfant.

La liberté donnée à l’enfant trouve également écho dans la sphère temporelle, l’enfant ayant la possibilité de s’adonner à son activité aussi longtemps qu’il le souhaite, la seule réserve étant le respect des autres, du lieu et du matériel.

« En raison de ces périodes sensibles, ce que nous appelons “le libre choix”, c’est-à-dire la liberté pour l’enfant de choisir son travail, a une grande importance pratique à l’école ; et c’est précisément le libre choix qui a révélé à la fois ces possibilités merveilleuses et l’existence de lois régissant la construction psychique de l’enfant. »

Voici le résultat de ses observations. En restant libre de leurs choix, les enfants :

  • Apprennent dans la joie
  • Apprennent à agir par leur propre décision
  • Deviennent plus autonomes et indépendants
  • Deviennent plus créatifs
  • Prennent des responsabilités de leur propres choix

Maria Montessori explique ce constat de manière simple (et non simpliste) : l’enfant possède déjà en lui toutes les ressources nécessaires pour apprendre de façon autonome.

Dès lors, le respect du rythme et des choix de l’enfant engendre plaisir d’apprendre, accroit sa motivation et, in fine, favorise son développement.

En tant que professionnels, l’observation permet :

  • UN SUIVI INDIVIDUEL adapté à chaque enfant
  • L’ADEQUATION entre les activités proposées et l’intérêt du moment de l’enfant
  • LA PROPOSITION du matériel pédagogique selon la période sensible de l’enfant et son stade de développement
  • DE REPONDRE aux besoins émotionnels et affectifs de l’enfant
  • DE REPONDRE aux besoins physiologiques de l’enfant
  • DE VALORISER les capacités de l’enfant en le laissant faire seul
  • DE FAVORISER le milieu de vie de l’enfant en fonction de son observation

A contrario, imposer aux enfants les contraintes des adultes les empêchent de libérer leur potentiel et les brident dans leur créativité.

Cette libération est donc essentielle au bon développement de l’enfant, raison pour laquelle Maria Montessori disait qu’éduquer, c’est avant tout respecter les besoins de l’enfant et pas ceux des adultes.

Comment peut-on satisfaire ce besoin de libération de l’enfant, tout en lui inculquant les notions fondamentales de respect (des autres et de lui-même) ?

En effet, contrairement à certaines croyances simplistes, le respect est un des piliers de la pédagogie Montessori: s’il est nécessaire d’offrir des libertés à l’enfant, il est tout aussi nécessaire de l’amener à respecter les libertés des autres.

Les principes de base

Dans un environnement Montessori, c’est ce que l’on appelle une ambiance ! L’objectif de l’ambiance est de réduire les obstacles au minimum, permettant de parvenir à une ère nouvelle de l’éducation, celle de “l’Aide à la Vie”.

Les enfants évoluent avec beaucoup de libertés mais on communique avec eux sur 3 principes de base :

  • Le respect de soi
  • Le respect des autres
  • Le respect de l’environnement

C’est justement cette notion de respect qui permet à la pédagogie Montessori de ne pas dévier vers une éducation permissive.

« Il ne s’agit pas d’abandonner l’enfant à lui-même pour qu’il fasse ce qu’il veut, mais de lui préparer un milieu où il puisse agir librement » – Maria Montessori

Grâce aux 3 principes fondamentaux de respect, on donne aux enfants des consignes claires qui leur servent de guide. Si l’adulte reste présent, veille à la sécurité de l’enfant et intervient au besoin, il n’impose pas l’action, assurant ainsi la liberté de l’enfant.

Pour illustrer les 3 principes de respect, rien de tel que des exemples concrets d’application :

Respect de soi

Laura (prénom d’emprunt), 2 ans et demi, c’est son papa qui exceptionnellement la dépose à la crèche (d’habitude, c’est maman). La séparation est difficile et lorsque que papa part, elle se jette à terre, pleure, hurle. À cet instant, je me mets à sa hauteur et je lui dis que je comprends sa réaction, que ça doit être difficile de voir papa partir mais qu’il reviendra la chercher après le goûter (repère spatio-temporel). Je lui demande si elle veut un câlin (qu’elle accepte ou non) et si elle veut faire un travail ou une autre activité.

Ainsi, l’adulte lui apprend à communiquer de façon respectueuse, tout en respectant ses propres ressentis.

Respect des autres

Dans une ambiance, l’enfant est libre de se mouvoir, pour peu qu’il n’entrave pas la liberté de mouvement et de travail des autres enfants. Lorsqu’un enfant offense un autre (taper, arracher un jouet, etc.), un adulte intervient de façon ferme et bienveillante.

Ce type de situation se présente fréquemment lors de mes journées de travail. Le cas échéant, je prends soin d’expliquer à l’enfant les raisons pour lesquelles sa manière d’agir n’est pas adéquate et l’invite à imaginer ce que l’autre enfant a pu ressentir.

Ensuite, nous réfléchissons ensemble à la manière adéquate de compenser son comportement inadéquat.

J’ai eu l’occasion de remarquer qu’imposer la décision d’un adulte, sans explication, ne permet pas aux enfants de comprendre le bien-fondé de la règle, ces derniers s’y conformant dans le seul but d’éviter une réprimande. En invitant l’enfant à réfléchir par lui-même sur ses actes et ses conséquences, on lui apprend à faire des choix appropriés et ainsi respecter les autres.

Respect de l’environnement

Situation : Nous sommes en salle de vie pratique, Joachim (prénom d’emprunt) prend un travail sur les transvasements d’eau de cruche à cruche. Pendant son travail, il renverse un peu d’eau sur la table. En suivant la philosophie Montessori, je l’invite à essuyer et nettoyer la table par lui-même.

[ Attention, cela ne doit pas être présenté comme une punition mais comme une activité de vie quotidienne. ]

Respecter et prendre soin de son environnement est une notion essentielle dans la pédagogie Montessori. Les enfants participent aux tâches de vie quotidienne comme : arroser une plante, débarrasser la table ou nettoyer la vitre.

Et le simple fait que cela n’est pas présenté comme une corvée ou punition, les enfants adorent participer à la vie dans l’ambiance !

Grâce au cadre de l’environnement préparé, l’enfant prend conscience de son plein potentiel et comprend la notion de liberté, ainsi que celles de respect et responsabilité. Et pour respecter pleinement les besoins de l’enfant, et pouvoir lui offrir une ambiance dans lequel il peut agir en liberté, Maria Montessori préconise de préparer un espace dédié, réfléchi et sécurisant.

Le mobilier est adapté à la taille de l’enfant et tout est rangé à portée de sa main : le matériel d’apprentissage ainsi que des objets de vie pratique comme une éponge, un seau, une serpillère, un verre.

Une ambiance adaptée permet à l’enfant de se dépenser en vue d’une série de buts intéressants, canalisant son activité dans l’ordre et vers le perfectionnement. L’enfant s’engage très jeune dans l’apprentissage de l’autonomie et participe activement aux tâches quotidiennes.

Il peut, par exemple :

  • Choisir une activité qui l’intéresse et le faire autant de temps qu’il souhaite.
  • Aller se servir un verre d’eau ou un fruit tout seul, s’il a soif ou faim.
  • Prendre une éponge et nettoyer sa table s’il renverse un verre d’eau, comme dans l’exemple précédent.

Toutes ces libertés offertes vont permettre à chaque enfant de s’orienter naturellement vers les matériels qui vont susciter son intérêt et éveiller sa curiosité. L’enfant va alors s’investir davantage dans le travail à accomplir, sans pression et avec plaisir.

Si l’ambiance est adaptée, elle permet à l’enfant de gagner une bonne dose de confiance et il en ressort avec de la fierté (« j’ai fait tout seul, j’ai réussi »).

Cette attitude va favoriser la construction d’une image positive de soi. Quand il peut agir librement en toute autonomie, sans ressentir le besoin de demander l’aide d’un adulte, l’enfant développe spontanément et progressivement l’autodiscipline.

« Toute aide inutile est une entrave au développement de l’enfant. – M. Montessori 

Conclusion

Loin d’être laxiste, la pédagogie Montessori offre donc aux enfants une liberté d’action qui va de pair avec respect et auto-discipline. Contrairement aux idées reçues, les enfants se disciplinent naturellement grâce à la liberté et la confiance qu’on leur accorde.

« En effet, celle-ci rendent l’apprenant actif du fait de sa participation à l’élaboration de son apprentissage. On parle ainsi de pédagogie participative. De plus, il s’agit de favoriser l’autonomie, développer la créativité, renoncer à la compétition entre élèves, s’adapter à la forme d’intelligence particulière et aux rythmes de chaque apprenant ».

Le respect est un des piliers essentiels de la pédagogie Montessori. Que nos enfants aillent dans une crèche Montessori ou pas, notre implication active en tant qu’adultes a beaucoup d’impact sur le comportement et le bien-être de nos enfants.

À travers son enseignement et ses ouvrages, Maria Montessori nous a légué (parents et éducateurs) des ressources pour aider nos enfants à se construire une vie future harmonieuse.

Nous devons accepter le fait que nous ne sommes pas au-dessus de l’enfant mais au même niveau. Je ne parle bien sûr pas de niveau de connaissances, mais de niveau humain, de plan d’égalité : rien ne doit nous faire croire que nous sommes supérieurs à l’enfant. Nous devons surtout accepter le fait de ne pas pouvoir être parfait.

Le jour où nous acceptons nos erreurs, où nous les acceptons vraiment et où nous nous pardonnons, alors notre vision du Monde et du Monde de l’Enfance s’en trouve immanquablement changée.

La pédagogie Montessori, finalement, peut se voir comme une philosophie de vie. Notre regard sur l’enfant doit changer et par ricochet, notre regard sur nous-mêmes. Le maître mot à retenir, à méditer, à comprendre, à pratiquer : c’est l’humilité.

Il ne s’agit pas de tout lui laisser faire et de ne rien lui apprendre, mais simplement de nous défaire de cette prétendue supériorité : c’est un travail long, difficile, qui demande de grandes remises en question, mais qui est absolument indispensable !

« Les enfants sont considérés comme des partenaires compétents, des adultes et les adultes font confiance à leurs responsabilités et à leur auto-détermination. » M. Montessori

Mon avis ?

Mon fils est actuellement âgé de 16 mois. À cet âge, il n’est pas encore capable de réguler ses émotions, qu’il exprime spontanément, immédiatement et sans filtre, comme un vase qui explose. Il s’agit d’une impulsion qui est essentielle pour lui et qu’il a besoin d’exprimer, forme de décharge des émotions et frustrations accumulées.

« L’apprentissage des émotions est complexe mais essentiel au développement de l’enfant. Cela passe par plusieurs phases : les reconnaître, les nommer, les exprimer de façon adéquate, mais aussi les canaliser et les gérer. Un programme dense mais indispensable, dans lequel les adultes jouent un rôle central, notamment en faisant preuve d’empathie ».

Je tente chaque jour d’accompagner au mieux mon fils pour lui permettre de maîtriser ses affects et d’exprimer ses besoins de façon socialement acceptable. Une gestion des émotions qui permettra à l’enfant des interactions sociales satisfaisantes. Elle favorisera également une meilleure compréhension du monde qui l’entoure.

« A contrario, lorsqu’un adulte ne prend pas en compte l’émotion exprimée, le cerveau du petit va sécréter, et parfois de façon excessive, des molécules de stress. Or ces dernières sont particulièrement toxiques pour le cerveau en développement ».


En définitive, il est important de nommer le sentiment éprouvé et, le cas échéant, de le réconforter, « mettre des mots sur des maux ».

En tant que maman et avec l’expérience acquise au travers de ma formation ainsi que de mon expérience professionnelle, j’essaye d’être au maximum empathique envers mon fils (ex : « Je vois que tu t’es fait mal, je comprends, ce n’est pas agréable. »).

Je tente de verbaliser, de mettre des mots sur ce qu’il ressent (ou, à tout le moins, que je pense qu’il ressent) afin de l’aider à comprendre et exprimer son ressenti dans la mesure où il n’est pas encore capable de le faire lui-même.

Je m’efforce de toujours rester calme et rassurante mais, en réalité, j’essaye de faire de mon mieux… On ne nait pas parent, on le devient.

En continuant mes recherches sur internet, j’ai découvert un article dédié a la canalisation de la colère chez les enfants. Je vous partage les différents aspects que nous pouvons prendre en compte pour guider l’enfant dans son monde émotionnel :

  • Ne négligez aucune parole et aucun comportement de votre enfant, et ne le comparez pas aux autres. Tout cela va générer de la colère, assurément.
  • Essayez de faire en sorte que votre enfant se sente toujours en sécurité, qu’il se sente à l’aise pour vous parler, qu’il se sente en sécurité pour découvrir le monde ou pour parler avec d’autres enfants, mais aussi pour jouer de manière respectueuse, pour se confier et pour créer.
  • Autorisez l’enfant à se tromper. Donnez-lui des conseils, mais laissez-le résoudre les questionnements issus de ses propres erreurs.
  • Les enfants ont besoin de faire les choses par eux-mêmes pour se sentir capables et pour développer leur estime personnelle.

Bibliographie

  • http://www.toupie.org/Dictionnaire/Autoritarisme.htm
  • http://www.toupie.org/Dictionnaire/Autorite.htm
  • https://www.montessori-france.asso.fr/page/167406-maria-montessori-et-sa-vision-de-l-enfant#:~:text=Docteur%20en%20m%C3%A9decine%2C%20psychiatre%2C%20anthropologue,la%20compr%C3%A9hension%20de%20l’enfant.&text=Maria%20Montessori%20nait%20en%201870,l’%C3%A2ge%20de%205%20ans.
  • L’attitude de l’éducateur – Syllabus Anne Kasperkiewicz
  • Maria Montessori page 97-98 (Éditeur : DESCLÉE DE BROUWER (01/12/2006)
  • Maria MONTESSORI Les étapes de l’éducation. P26 (Editions : Desclée De Brouwer Année : 1936)
  • Maria MONTESSORI Les étapes de l’éducation. P35 (Editions : Desclée De Brouwer Année : 1936) [1] Syllabus formation 2019/2020
  • https://www.innovation-en-education.fr/raisons-succes-pedagogie-montessori/
  • https://www.capenfants.com/apprentissage-emotions-chez-les-enfants/#:~:text=L’apprentissage%20des%20%C3%A9motions%20est,les%20canaliser%20et%20les%20g%C3%A9rer.
  • https://www.capenfants.com/apprentissage-emotions-chez-les-enfants/#:~:text=L’apprentissage%20des%20%C3%A9motions%20est,les%20canaliser%20et%20les%20g%C3%A9rer.
  • https://amelioretasante.com/les-techniques-de-maria-montessori-pour-canaliser-la-colere-et-la-nervosite-chez-lenfant/
  • http://www.toupie.org/Dictionnaire/Autoritarisme.htm

Liens utiles :

Vidéos :

  • « Montessori fabrique des enfants Roi ?» :
  • « Le maitre est l’enfant » :

https://www.huffingtonpost.fr/2017/09/26/le-maitre-est-lenfant-le-documentaire-qui-donne-enfin-la-parole-a-maria-montessori_a_23216161/

Rédigé par Sarah Leonard

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