Your browser does not support JavaScript! Le portage au service du développement de l'enfant - L'Enfant Roi Académie
Association Montessori Luxembourg
Loading
Mar 29, 2021

Le portage au service du développement de l’enfant

Le portage au service du développement de l’enfant

Introduction

Le portage se démocratise de plus en plus au sein de notre société. En effet, je pense qu’il joue un rôle important dans la relation parent-enfant et ce déjà très tôt dans la vie de l’enfant. Le portage, ou la notion de portage, commence dès la maternité où le peau à peau est proposé aux parents juste après la naissance. C’est un moment unique, celui de la première rencontre entre le nouveau-né et ses parents.

Dans le ventre de sa mère, le nouveau-né est bercé dans le liquide amniotique entouré de sons divers et de vibrations. L’enfant est sécurisé grâce à la poche des eaux qu’il peut effleurer et sentir à travers ses sens. À la naissance, cette enveloppe disparait, le nouveau-né est maintenant seul, livré à lui-même. Un monde nouveau lui tend les bras. Le portage est alors un besoin rassurant pour l’enfant, il est enveloppé dans les bras de ses parents, sent leurs odeurs et écoute les battements du cœur qu’il connaissait si bien lors de la grossesse.

Dans la pédagogie Montessori, l’attachement et le sentiment de sécurité affective sont tous deux très importants pour le développement de l’enfant. Le rôle des parents ou de toute autre figure d’attachement est donc primordial et ce dès la naissance. Le nourrisson a besoin d’un contact social, de découvrir le monde qui l’entoure. Le portage a des fondements physiologiques mais il s’inscrit aussi dans un développement global.

J’ai pu découvrir le portage après la naissance de mon fils. Il était pour moi primordial de répondre à son besoin d’être porté et de plus, cela facilitait mon allaitement. De ce fait, il a été naturel de faire profiter de mon expérience personnelle aux enfants de la crèche qui ressentaient le besoin d’être porté.

Le portage est au service du développement de l’enfant, de l’estime et de la confiance en soi. Nous serons amené à définir ce qu’est le portage pour ensuite abordé le lien très étroit avec l’allaitement maternel. Puis nous soulignerons la relation entre le portage et la pédagogie Montessori pour enfin décrire les différentes techniques de portage.

Le portage pour qui ? Pourquoi ? Comment ?

Le portage vise principalement les bébés dès la naissance mais il n’est pas rare de voir que dans certains pays, le portage est utilisé encore tardivement. Il y a de grandes différences culturelles entre les pays du monde.

Le portage est très important chez les tout-petits. En effet, après la naissance, il est comme une certaine continuité de la grossesse. L’enfant est rassuré et peut commencer à découvrir son nouvel environnement. Il favorise l’attachement à la mère ou au père ainsi que l’allaitement maternel. Il facilite la digestion (grâce au peau à peau qui procure un bien-être) et donc diminue le risque de colique du nourrisson. Quand mon fils était petit, il arrivait parfois pendant la nuit qu’il pleure énormément en se tortillant de douleur, malgré les moyens homéopathiques pour le soulager la seule façon de l’apaiser était de le porter en écharpe, il arrivait ensuite à se rendormir paisiblement.

Quand l’enfant grandit, le portage est bénéfique pour son développement global : tonicité musculaire, développement des hanches et de la colonne vertébrale, confiance et estime de soi.

Selon le climat et les matériaux disponibles, le mode de portage est différent. Chez les papous en Nouvelle-Guinée, le bébé est porté à l’aide d’un tissage réalisé avec les racines d’un palmier. En Amazonie, c’est une courroie de portage fait à partir d’écorce ; au nord de l’Inde, le bébé est enveloppé sur le dos de sa mère à l’aide d’une peau de chèvre ; chez les esquimaux, froid oblige, le bébé est porté complètement nu dans une poche aménagée et prévue à cet effet dans l’anorak ; enfin, en Thaïlande, le tissu prévu pour porter bébé est confectionné, cousu et brodé patiemment bien avant la naissance de l’enfant.

En Occident, on porte son bébé avec les écharpes de portage ou à l’aide de porte-bébé physiologiques. Les mères du monde entier portent en tout lieu et en toutes circonstances leur enfant. Les bébés partagent donc toutes les activités de leur mère, ils ont alors une grande vision du monde car ils découvrent leur environnement grâce au portage.

Le portage et l’allaitement maternel

Dans les régions du globe où l’allaitement maternel est la norme dès la première année de vie de l’enfant, on observe un lien direct avec le portage.

En effet, les mères du monde portent leur enfant et le nourrisse tout en étant disponible à leurs diverses activités. Le bébé en étant porté peut donc à la fois découvrir le monde qui l’entoure, se reposer ou se nourrir quasi instantanément quand il en ressent le besoin.

Les pleurs du bébé stimulent les montées de lait tout comme la présence de l’enfant contre le corps de sa mère : c’est un phénomène biologique qui favorise la sécrétion de l’ocytocine (l’hormone de l’amour).

D’après les recherches du Dr Uvnas-Moberg (professeur de physiologie et spécialité de l’ocytocine), dès la naissance, cette hormone est présente en grande quantité chez la mère et l’enfant. Cette hormone est ensuite diffusée par le biais de l’allaitement maternel : plus l’enfant va téter, plus sa mère va sécréter d’ocytocine, et plus elle aura une production de lait abondante.

On observe donc un allaitement plus long chez les mères qui porte leur bébé en écharpe, car leur lactation est stimulée de façon régulière, en allaitant à la demande leur bébé tout au long de la journée.

Le portage en Occident a plutôt eu tendance à disparaitre après la banalisation du lait infantile maternisé (autrement dit le lait en poudre). C’est aussi dans les années 60 et plus particulièrement après mai 68 que le mouvement de la libération des femmes a considérablement changé le regard du rôle des femmes dans la société et plus particulièrement dans la famille. Le mouvement féministe apparait, les femmes doivent se libérer de l’esclavage de la maternité et de l’allaitement.

« L’allaitement est aussi une servitude épuisante » écrivait déjà dans le Deuxième Sexe Simone de Beauvoir en 1949. Cette citation a été reprise par la suite par les différents mouvements féministes.

Ce n’est que dans les années 95/96 qu’on constate de nouveau un « décollage » de l’allaitement maternel. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 36,6% d’allaitement en 1972 ; 46 % en 1996 et enfin 52% en 2000. L’allaitement maternel revenant dans nos sociétés (68,1% en 2016) grâce aux recommandations de l’OMS promouvant l’allaitement maternel exclusif jusque l’âge de 6 mois et favorise de nouveau le portage.

Le portage est donc aujourd’hui largement plébiscité par l’entourage de l’enfant. De nombreux parents y ont recours et ce même si l’enfant n’est pas allaité.

Le portage et la pédagogie Montessori

Maria Montessori : la formation de l’homme

Maria Montessori, dans son livre intitulé « La formation de l’homme », consacre tout un chapitre sur la notion d’allaitement et de portage.

Outre le fait de s’intéresser aux enfants d’âge scolaire et préscolaire, elle consacrera aussi un certain temps à observer les nourrissons. Sa pensée est unique, elle inscrit déjà le nouveau-né dans une notion de développement global.

« Si l’enfant, dès la naissance, doit créer en puisant dans son environnement, il faut qu’il soit mis en contact avec le monde, avec la vie extérieure des hommes. Il faut qu’il participe ou plutôt qu’il assiste à la vie des adultes. (…) Si c’est à lui qu’incombe l’adaptation à l’environnement, il faut qu’il participe à la vie publique, soit témoin des coutumes qui caractérisent son peuple ». (Maria Montessori, “La formation de l’homme”, p.96)

La notion de portage est clairement établie dans ce passage ; pour Maria Montessori, aucun doute, il faut que l’enfant soit acteur, et ce dès la naissance, des activités diverses que peut mener sa mère pour comprendre ce nouveau monde.

« Le nouveau-né, le petit enfant, l’embryon spirituel, qui doit puiser dans son environnement pour préparer son adaptation et construire en lui les caractères propres de son peuple, participe toujours à la vie sociale des adultes. La mère porte son petit dans ses bras et le garde sur elle partout où elle va. La paysanne qui va travailler porte son bébé ; la femme qui va faire ses courses au marché, va à l’église, parle avec ses voisines a toujours son bébé attaché à elle ». (Maria Montessori, “La formation de l’homme”, p. 97-98)

Le portage est alors vu comme un premier acteur de lien social. Dans un autre passage de son livre, elle met l’accent sur la fonction première du portage.

« Regardons ce qui se passe dans la foule, sur le marché d’un village africain, par exemple, où l’on trouve des animaux et toutes sortes d’objets, de fruits et d’étoffes et où les gens discutent de leurs affaires. On y voit le nourrisson, l’enfant embryonnaire, regarder de nombreuses choses avec une étrange fixité; il regarde l’environnement sous ses différents aspects, tandis que la mère s’arrête faire ses emplettes et parler avec les gens. Le monde, l’environnement dans son ensemble, échappe à la mère mais pas à l’enfant ». (Maria Montessori, “La formation de l’homme”, p. 98-99)

Déjà à son époque, Maria Montessori a donné des pistes sur la natalité et sur l’enfant dans la famille comme s’intitule aussi un de ses livres. Elle a pu observer les lois naturelles comme fondement premier de l’homme. Pour elle, le portage et l’allaitement en font partie : « Le secret est simple et tient en deux mots : lait et amour » (Maria Montessori, “La formation de l’homme”, p.98-99).

La théorie de l’attachement

John Bowlby, psychiatre et psychanalyste du 20ème siècle a été célèbre pour avoir rendu des travaux sur le lien d’attachement. Pour lui, les besoins fondamentaux du nourrisson s’inscrivent dans la relation physique entre la mère et son enfant.

Aujourd’hui, Boris Cyrulnik, neuropsychiatre français, a vulgarisé son travail et a continué à étudier la biologie de l’attachement. Dans l’une de ses conférences sur la petite enfance, il affirme qu’ « un enfant sans attachement arrête tous ses développements » : aujourd’hui, il est prouvé scientifiquement par imagerie médicale que des privations affectives provoquent des altérations cérébrales importantes.

Il a pu observer les différents signes d’attachement, notamment lors de la synchronisation mère-bébé : le regard, un sourire, des mots, une posture. L’enfant, déjà très tôt, reconnait tous ces signaux. Il a pu également constater que les bébés vont instinctivement se lover, coller leur visage dans le creux de la clavicule de leur mère car c’est là où se trouve la signature olfactive. Grâce à cette reconnaissance, ils se sentent sécurisés et s’endorment paisiblement. On peut alors aisément comprendre l’importance du portage.

La figure d’attachement n’est pas forcement la mère même si dans 95% des cas, c’est la figure d’attachement principale. Il est démontré que 5% des enfants ne se sentent pas bien dans les bras de leur mère ; ce qui est important, c’est que l’enfant puisse avoir un substitut : le père, la grand-mère, un ami, une assistante maternelle… La parole crée le lien d’attachement. Dès que l’enfant est sécurisé, alors il va pouvoir s’intéresser au monde qui l’entoure.

Dans les cultures où les mères (ou substitut maternel) portent leurs enfants dans le dos, elles peuvent ressentir sans les voir ou les entendre les chagrins de l’enfant : c’est un exemple de lien d’attachement. En effet, Boris Cyrulnik, lors d’un voyage au Congo, nous rapporte une anecdote assez frappante. Il était donc en train de discuter avec une femme qui portait un bébé dans son dos mais ce n’était pas sa mère, elle était le substitut maternel quand sa mère devait s’absenter pour travailler. À un moment donné, au fil de la discussion, elle a ressenti que l’enfant avait quelque chose qui n’allait pas donc instinctivement, elle a commencé à bouger pour le bercer. Grâce au portage, le lien d’attachement est tellement fort que la mère (ou substitut maternel) ressent les émotions du bébé.

Le rôle du père est également important, même s’il intervient après la mère, qui elle a déjà un lien d’attachement très fort lors de la grossesse. Son rôle est primordial, il va empêcher l’emprise maternelle, le bébé s’attache à sa mère mais il va aussi découvrir un autre attachement : son père.

Pour qu’un enfant se développe sans encombre, il faut des attachements multiples. Il doit être entouré d’une constellation affective. Les figures d’attachements autour du bébé doivent être nombreuses : la mère, le père, les grands-parents, la sœur ou le frère, les amis des parents, l’assistante maternelle, les éducatrices… S’il n’y a pas de figure d’attachement, l’enfant ne pourra pas se développer. S’il y a plusieurs figures d’attachement, l’enfant va pouvoir choisir et se développer sans avoir de problèmes.

Le portage a donc un rôle essentiel dans le lien d’attachement, et il est intéressant de le proposer aux différentes figures d’attachement qui entoure l’enfant. Le bébé va alors pouvoir créer des liens différents avec les personnes qui l’entourent et se sentir sécurisé pour pouvoir pleinement se développer. Comme Maria Montessori, Boris Cyrulnik met l’accent sur les besoins fondamentaux des nourrissons et jeunes enfants : le portage est au service du développement de l’enfant.

La période d’adaptation en collectivité :

Le moment où les parents décident d’inscrire leur enfant dans la vie collective est très important. Le bébé va sortir du cocon familial pour découvrir un monde totalement nouveau. C’est une grande étape dans sa vie et cela peut être un facteur de stress pour les parents. La période d’adaptation en crèche se fait en douceur, les parents sont amenés dans un premier temps à rencontrer l’équipe qui s’occupera de son enfant et à parler de lui. Nous apprenons donc à connaitre l’enfant dans ses habitudes au quotidien. Les parents sont souvent inquiets quant aux pleurs de leurs enfants, la séparation pouvant être difficile les premiers jours. Le bébé, lui, peut ressentir ce stress et de ce fait demander beaucoup plus d’attention de la part des éducatrices.

La maman de l’enfant (que nous prénommerons Thomas) était très inquiète et restait un moment avec lui dans le module avant de partir. Quand elle partait, Thomas pleurait beaucoup : il était inconsolable. Les premiers jours à la crèche ont été de courte durée car maman venait le récupérer toujours très rapidement. La période d’adaptation terminée, elle reprit le travail. Nous étions très proches de Thomas pour qu’il se sente le plus à l’aise possible même s’il pleurait encore énormément. Il avait un besoin de contact permanent, donc la seule façon de le consoler était de le porter dans nos bras.

J’ai donc décidé de le porter en écharpe et ce fut un succès. Il passa deux journées consécutives avec moi et mon équipe qui prenait le relais les après-midi (travaillant à mi-temps). En écharpe, il était rassuré et donc ne pleurait plus. Les moments du repas et de la sieste étaient moins compliqués pour lui. Après l’avoir porté encore quelques fois les jours suivants, Thomas s’est complétement détaché du jour au lendemain et n’avait plus besoin de nous. Il était sécurisé et pouvait alors commencer à explorer son environnement. Le portage l’a donc mis en confiance : il a pu créer un lien d’attachement très rapidement avec les éducatrices afin d’être rassuré. La séparation avec sa mère se faisait naturellement, il était ravi de venir à la crèche.

Prenons maintenant l’exemple de Lucie : elle est allaitée par maman et est portée régulièrement chez elle. Lucie à ce besoin comme Thomas d’avoir un contact permanent avec les éducatrices et les siestes sont particulièrement difficiles. Le portage l’a beaucoup aidée : elle se sent mieux et s’endort sans difficulté en écharpe. Maintenant, elle demande encore régulièrement des moments pour qu’on la prenne dans les bras mais elle retourne volontiers jouer après cela.

Le portage est un besoin rassurant pour les enfants, il permet à l’enfant de se sentir sécurisé pour qu’il puisse de lui-même se détacher quand il en ressentira le besoin. Pour moi, c’est une technique indispensable à proposer aux enfants lorsque les adaptations sont difficiles.

Le portage à la crèche n’est pas utilisé qu’en cas d’adaptation mais aussi lors de promenade. Certains enfants n’aiment pas être en poussette. Nous les prenons alors en écharpe et il arrive souvent qu’ils s’endorment paisiblement durant la promenade.

Les différentes techniques de portage

Aujourd’hui, il existe tout un panel d’écharpes et de porte-bébé vendus dans le commerce. Cependant, tous ne sont pas adaptés : il faut donc être très vigilant et bien choisir. Le choix est unique à chacun, des personnes voudront plutôt adopter le portage en écharpe alors que d’autres auront plutôt peur et voudront se tourner vers un portage plus sécuritaire et moins compliqué comme le porte-bébé.

Dans tous les cas, la position du bébé est cruciale pour avoir un portage adapté : la position de portage face au monde est à éviter car elle entraine un bon nombre d’inconvénients : elle ne respecte pas la physiologie du bébé ni celle du porteur, le contact visuel avec le porteur est inexistant, trop de stimuli visuelle et nerveuse pour bébé qui ne peut pas se reposer et dormir dans cette position.

Le porte-bébé doit être impérativement physiologique. Le poids de l’enfant doit être réparti sur les fesses et son dos doit être arrondi. Ses genoux doivent être à hauteur ou plus haut que son bassin et avant 3 mois le porte bébé doit offrir la position en grenouille. Le porte bébé doit être équipé de bretelles réglables et d’une ceinture pour le dos du porteur qui réparti le poids du bébé uniformément.

Exemple de porte bébé non physiologique :

* L’enfant est porté par son poids sur ses parties génitales

* Son dos est en extension et ses bras sont écartés : il ne peut pas regrouper ses mains

* Les bretelles sont croisées dans le dos du porteur et/ou il n’y a pas de ceinture.

De manière générale on peut retenir ces images pour résumer la différence entre un portage physiologique et un portage non physiologique :

Le sling est une écharpe de portage munie d’un anneau pour la serrer ; il offre un portage sur les hanches mais il doit être utilisé avec un enfant qui sait tenir son dos (vers 6 mois environ). Pour un nouveau-né, le sling s’utilise uniquement à l’aide de deux positions : « madone redressé » ou « assis de profil ».

Avant 6 mois Après 6 mois

* L’écharpe de portage doit être tissée avec un tissu résistant et étirable : on en trouve en 100% coton ou en maille tricotée avec de l’élasthanne. Attention aux écharpes « fait-main » ; pas de tissu à relief ; pas de tissu trop épais (car difficile à nouer et ne respire pas) ; pas de tissu trop fin (ce qui pourrait blesser l’enfant avec le nouage) ; pas de tissu satiné ou synthétique.

* Pour choisir la longueur de l’écharpe cela dépendra surtout de l’utilisation qu’on veut faire de celle-ci et des différents nouages qu’on peut réaliser avec. L’écharpe se choisit aussi comme un vêtement : en fonction de sa taille. De manière générale, une écharpe entre 2.50 et 3.50 mètres offrent déjà beaucoup de possibilités de nouages.

Je pense que l’écharpe de portage est le moyen le plus complet pour porter son bébé. Elle offre tout un panel de choix de nouages différent (du nouage simple au plus complexe), elle permet de porter son enfant sur le dos, sur le ventre, sur le côté.

Le portage en berceau allongé (de 0 à 3 mois (ou en cas d’allaitement)) : Cette position doit être uniquement utilisée lorsque l’on est assis. Elle est propice pour un bébé qui dort, pour un moment d’échanges et de câlins ou en cas d’allaitement car le bébé est positionné à hauteur du sein.

Le portage sur le ventre (de 0 à 2 ans) : C’est le moyen de nouage le plus couramment utilisé : ventral, kangourou, enveloppé croisé. Il est idéal pour les tout-petits mais aussi pour les plus grands notamment si l’enfant est fatigué. C’est un portage câlin, il permet d’envelopper bébé avec ses bras, c’est la position idéale après la grossesse. Cependant, il n’est pas très pratique pour le porteur dans sa liberté de mouvement.

Le portage sur le côté (à partir de 6 mois) :   Il est à mi-chemin entre le portage sur le ventre et le portage sur le dos. Il est à proposer seulement quand l’enfant tient son dos seul (généralement à partir de 6mois). Il est pratique tant pour le porteur que pour bébé. Le porteur à les bras libre tandis que le bébé peut aisément regarder le monde qui l’entoure tout en ayant une certaine liberté de mouvement.

Nouage kangourou sur les hanches
Nouage hanche réglable

Le portage sur le dos (0-3ans) :   Le portage sur le dos est très pratique car il offre une grande liberté de mouvement au porteur et est confortable pour les grandes promenades. L’enfant peut ainsi aisément regarder le monde qui l’entoure. Il existe beaucoup de possibilités différentes de nouages sur le dos.

Nouage kangourou sur le dos

Pour apprendre les différents nouages, il existe sur internet tout un panel de vidéos, notamment sur le site : love-radius.com (anciennement “je porte mon bébé”). Des ateliers de portage sont aussi dispensés dans des magasins de puériculture : c’est intéressant de s’y rendre notamment avant de choisir son moyen de portage car cela permet d’essayer différentes techniques et de choisir celui avec laquelle on est plus à l’aise. Il existe également des monitrices de portage qui donnent des cours afin d’apprendre les différents nouages à faire avec l’écharpe.

Conclusion

« La nature dans sa sagesse, doit nous servir de base pour construire une super- nature encore plus parfaite. Il est certain que le progrès doit dépasser la nature et prendre des formes différentes, mais celui-ci ne peut avancer en la sacrifiant ».

Maria Montessori, La formation de l’homme, p.98-99

Aujourd’hui, notre mode de vie changeant, le regard, les préjugés sur la façon d’éduquer un enfant modèle nos habitudes et nos façons de vivre.

Beaucoup de personnes pensent encore que prendre un enfant dans les bras en fera un enfant capricieux et incapable de se détacher de sa mère. Nous entendons encore énormément qu’il faut laisser un enfant pleurer car accourir au moindre de ses pleurs en fera un enfant dépendant.

Or pour qu’un enfant soit épanoui et heureux dans ce monde, il faut respecter les lois fondamentales de la nature « Il faut créer une nouvelle éducation commençant dès la naissance. Il faut reconstruire l’éducation en la fondant sur les lois de la nature et non sur des idée préconçues et sur les préjugés des hommes ». Maria Montessori, La formation de l’homme, p.101-102. Il est indispensable de construire l’éducation de l’enfant en respectant ses besoins de contact social pour découvrir le monde qui l’entoure.

Le portage a des fondements naturel et utile à l’enfant pour son développement global. Il s’inscrit comme fonction de base dans l’éducation d’un enfant. Non seulement il offre une sécurité affective, un lien d’attachement très profond mais aussi une possibilité suprême de participer à la vie sociale, aux activités de la mère. Le nourrisson peut ainsi aisément regarder tout autour de lui et découvrir le monde qui l’entoure afin de puiser en celui-ci les codes et les richesses du langage, de la vie en général.

Bibliographie

  • MONTESSORI, Maria. La formation de l’homme, Desclée de Brouwer,1996.
  • BRIL, Blandine. Culture et portage de l’enfant, Spirale 2008/2 (n°46), pages 121 à 132.
  • RICHARD Alexandra. Le portage physiologique. Paris. [en ligne] (dernière consultation le 12 mai 2019). Disponible sur :

http://www.osteopathe-paris-75.com/pages/perinatalite/le-portage- physiologique.html

Bénédicte Baron
Éducatrice

Partagez votre intérêt !
Cart Item Removed. Undo
  • No products in the cart.
X
X